Personnages de janvier 2007
En ce mois de janvier, nous avons pris le parti d'évoquer la vie de trois hommes de condition modeste, artisans et artistes de grand talent, à qui on devait bien cet honneur de commencer par eux qui vécurent et travaillèrent au vieil Hesdin.
Bauldrain Dacquin
C'est l'imprimeur qui utilisa la première presse ayant fonctionné en Artois. On peut penser qu'il était originaire d'Hesdin ou des environs et qu'ouvrier imprimeur dans un atelier typographique, il sera revenu dans sa ville natale en espérant y faire de bonnes affaires à l'abri de la concurrence. Il est vraisemblable qu'il ait été apprenti à Abbeville, où, en 1486, La Cité de Dieu de Saint Augustin, traduite par Raoul de Presles en 1375, a été imprimée en 2 volumes in-folio.
Hesdin possédait plusieurs couvents, une collégiale, et était entouré d'abbayes : Saint-Georges, Auchy les Moines, Blangy, Ruisseauville, Dommartin, Cercamp... qui pouvaient lui faire de nombreuses commandes de livres de prières, de missels, de livres d'éducation, de catéchismes; des livres de foi pouvaient aussi y être édités et vendus, car Hesdin était le centre d'un bailliage ayant une juridiction étendue.
L'existence d'une imprimerie à Hesdin en 1517 est un fait avéré. Alexandre Frémin y était libraire à la même époque. Bauldrain a édité pour lui L'Agrégatoire des coutumes qui a servi à l'édition faite à Paris en 1552.

Jean Le Voleur
Jean-le-Voleur était un peintre né à Hesdin vers le milieu du XIV° siècle. Il fut chargé par Philippe le Hardi, en 1391, de lui fournir « des carreaux peints et jolis » pour son château d'Hesdin. Il s'associa donc avec Jacquemart Boistel, fabricant de verreries, qui avait lui aussi son établissement à Hesdin. Ce travail était si important qu'ils engagèrent tous leurs biens avant de se mettre à l'oeuvre.
C'est également à Jean le Voleur que Jean sans Peur confia le soin de peindre les étendards des troupes, et 3000 pennons (flammes que portaient les gentilshommes partant en guerre) pour la cavalerie, lors des préparatifs de l'expédition du duc contre l'Angleterre.
La peinture sur verre n'était pas un travail insignifiant. Philippe le Hardi n'aurait pas demandé l'intervention d'une main inhabile pour décorer son château ou sa chapelle de riches vitraux ou de verrières ornementales. Jean-le-Voleur était donc un artiste et son collaborateur également. L'un peignait le verre, l'autre le faisait cuire après l'avoir préparé.
Colart Le Voleur
C'est certainement le fils de Jean. Il est né à Hesdin à la fin du XIV° siècle ou au début du XV° siècle. Il était valet de chambre et peintre de Philippe le Bon. C'était à la fois un artiste émérite, un physicien ingénieux et un mécanicien très expert. Il est vraiment étonnant que, en 1432, un homme ait eu assez de science et même de génie pour réaliser les merveilles de mécanique dont, à la demande du duc de Bourgogne, il équipa le château d'Hesdin.
Colart-le-Voleur avait la confiance de Philippe le Bon, qui lui avait donné un poste auprès de sa personne (valet de chambre), et était considéré par ses concitoyens : le duc avait nommé, par sa charte de juillet 1447, un échevinage pour rétablir les affaires désordonnées de la commune, et Colart y figure comme administrateur (échevin).
C'était un peintre, mais surtout un machiniste, qui savait fabriquer le tonnerre, faire tomber la pluie ou la neige, concevoir et réaliser des engins compliqués destinés à divertir les gens de cour et les invités de marque en les surprenant ou en leur jouant des tours de plus ou moins bon goût, mais dont Philippe le Bon était très amateur...
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