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blason Vieil Hesdin

Personnage d'août 2007

En ce mois d'août, nous évoquons la vie du peintre Melchior Broederlam.

Melchior Broederlam

Biographie

Peintre de cour né probablement à Ypres et dont l'activité est attestée en 1381 et 1410. On ignore tout de sa formation.

En 1381, il est au service du comte de Flandre Louis de Mâle puis de son beau-fils, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi. Des comptes ducaux, on apprend qu'il fut payé pour peindre des bannières, des chaises et des écussons; il fut aussi chargé de décorer un navire du duc.

Son activité au service de ce dernier le conduit notamment à Lille, Hesdin (où il exécute des peintures murales), Paris et Dijon. Broederlam fixe cependant son lieu de résidence habituel à Ypres. En 1407, il peint les portraits du duc et de son épouse sur les murs de la chapelle des Comtes à Courtrai. A la demande de Philippe le Hardi, il exécute la peinture des volets extérieurs et la polychromie intérieure d'au moins deux retables sculptés par Jacques de Baerze destinés à la chartreuse de Champmol.

Seul le retable de la "Crucifixion" (Dijon, M.B.A.) a conservé ses volets peints. Il représentent, à gauche, l'"Annonciation" et la "Visitation", et, à droite, la "Présentation au temple" et la "Fuite en Egypte". Ces panneaux constituent la seule œuvre du peintre qui nous soit parvenue. D'après les archives, Broederlam y travailla entre 1393 et 1399. Par rapport aux autres tableaux pré-eyckiens, les volets peints de Broederlam sont riches en innovations. Ils attestent un progrès sensible dans la technique (plus que ses contemporains, il varie ses liants - aqueux ou à base huileuse - pour mieux les approprier à l'effet recherché), dans la définition du modelé (plus riche et plus nuancé), dans la composition et enfin dans l'iconographie, dont Panofsky a pu mettre en évidence le caractère éminemment symbolique. Bien que les scènes se présentent sur un fond d'or, l'artiste parvient à créer un espace réel dans lequel se meuvent les personnages, sans négliger certaines règles de perspective. L'influence italienne, surtout siennoise, se manifeste dans la technique (choix du pigment jaune, et recours, dans les carnations, à une couche verdâtre sous-jacente), ainsi que dans la représentation des architectures, des montagnes et de la végétation.

Le nom de Broederlam, complètement oublié, fut redécouvert au début du XIXe siècle dans les archives de la chartreuse par C. Févret de Saint-Mémin, conservateur du musée de Dijon, qui réussit à acquérir les deux retables.

Volets du retable de la Crucifixion
Volets du retable de la "Crucifixion" (Dijon, M.B.A.)





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